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2010-02-24T00:04:00+01:00

Le monde s'effondre - Chinua Achebe

Publié par

  

A propos du livre


Umuofia : village ibo hors du  temps situé  quelques part dans les forêts da l’actuel Nigéria. Chinua Achebe nous en raconte le temps qui coule, lent, immuable, bercé des récits de guerre, de bravoure, de valeurs perdues (« Ah les jeunes d’aujourd’hui ne respectent plus rien…De notre  temps c’était autre chose »).

Considéré par les siens comme le centre de l’univers, Umuofia est le plus puissant des 9 villages Ibo de la région.

Okonkwo, homme mal né devenu un puissant guerrier qui n’aspire qu’à engranger titre de gloire sur titre de noblesse, en est un des grands hommes. La vie de sa famille, profondément ancrée dans la tradition et le respect le plus strict des valeurs du pays nous fait voyager au cœur d’un coin de Nigéria précolonial, où personne ou presque ne sait qu’hors des Ibos, il existe d’autres hommes, d’autres races.

Mais la tragédie débarque dans la vie disciplinée et toute tracée d’Okonkwo. Plus de joutes sportives, de récoltes massives, de place d’honneur aux mariages ou de signes de noblesse. A la place ce sera la déchéance, l’exil, le désespoir.

 

L’espoir de se refaire ne se réalisera jamais à la hauteur de ce que fut l’homme car le temps du retour vers le pays natal coïncidera avec l’arrivée de l’homme blanc et de sa nouvelle religion que tout le monde trouve si amusante…Okonkwo revenu à Umuofia n’y trouve plus qu’un clan d’hommes « effeminés » et trop craintifs pour affronter l’envahisseur. Son combat pour remobiliser les siens ne peut le mener qu’à sa perte.

 

Et tout le monde connait la suite de l’histoire. Le marchand, le prêtre, le soldat… et l’allegeance à la reine d’Angleterre.Umofia, centre du monde Ibo ne sera plus que Umofia terre indigène peuplée de tribus primitives que Bas-Niger. La messe est dite.

 

 

L’avis de J’aime la littérature Africaine

Un homme peut-il se battre seul contre les évènements extérieurs qui affectent tout son clan, tout son monde ou est-il condamné à voir ce monde « s’effondrer » ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, montrer un homme qui perd tout ce qu’il connait, tout ce pour quoi il s’est toujours battu et qui n’y peut RIEN.

Pour moi, jamais un roman n’aura aussi bien porté son titre. Jamais un titre n’aura aussi bien contenu son roman.


Le monde d’Umuofia semble intemporel et le rythme du roman s’y adapte. Si vous vous attendez à trouver un thriller exotico-historique dont les pages tournent d’elles–mêmes entre vos mains, vous vou trompez. : Umuofia merite bien qu’on s’attarde sur chacun de ses faits et gestes. Le tournoi de lutte, la dot, la récolte du vin, les Dieux et prétresses de village, tout ce qui fait la particularité de ce village est décrit. Pourtant la vie n’y a rien d’idyllique aux yeux du lecteur moderne.

Ø Elle est dure, rythmée par les semailles et moissons, les saisons sèches et les saisons des pluies. Tout ou presque y est ritualisée: qui peut manger quoi ? Quand ne peut-on pas battre sa femme ? Que faire des jumeaux ?

Ø Les richesses s’y comptent en nombre de bouteilles de vin de palme et de tubercules d’ignames dans les silos.

Ø Les proverbes s’y égrennent, poétiques parfois, percutants souvent, qui à eux seuls résument les valeurs d’Umuofia.

Ø ET puis manger des ignames, sous toutes les formes à chaque repas et de la viande seulement les jours de fête ce n’est pas une vie (humour…) !!!

 

Non la vie à Umuofia n’est pas idyllique mais elle nous parle directement (au moins à moi). On y recherche les similitudes avec nos propres vécus, nos propres cultures et rites là-bas dans nos villages. Et j’en ai trouvé des similitudes à travers les esprits du village qui évoluent masqués, la noix de cola, la dot, les enfants sorciers etc… On y trouve une frustration et une nostalgie d’un monde à jamais perdu, qui a existé et que pourtant même nos parents ne peuvent nous conter.

 

C’est cette soif qui nous maintient en lien avec le roman car sinon on aurait du mal à « accrocher » avec les personnages :

Ø D’abord le héros, Okonkwo, champion de son village dont les valeurs et les actions nous glacent et sont trop éloignées des notres.

Ø Son fils, qu’on aimerait aimer mais qui reste trop effacé devant le père.

Ø Ses femmes, aux rôles de mères et de pourvoyeuses du « fufu » conjugal.

Ø Il y’a bien Ezinma, la fille d’Okonkwo, à la personnalité tellement forte que son père souhaite qu’elle soit un garçon. Elle en rattrape tous les autres mais n’est pas le personnage principal.

Ø Le père mort mais toujours vivace dans le souvenir d’Okonkwo. La peur de lui ressembler obsède notre héros et commande tous ses gestes au risque finalement de provoquer sa perte.

Ø La déesse de la terre et sa grande pretresse… Tout le long du roman je me suis demandé quels liens il pouvait y avoir entre cette Chielo et les tradipraticiennes.

Ø Ikemefuna l’enfant esclave qui seul aurait pu attedrir le héros mais qui passe trop vite dans sa vie.

Car ces personnages ici ne sont qu’un moyen pour Chinua Achebe de mieux montrer l’effritement soudain d’Umuofia après des siècles (ou peut-être des décennies seulement mais qui peut mesurer le temps d’Umuofia ?) de calme.

 

Et il y réussit parfaitement.

 

Trop parfaitement? On reste en effet sur une sensation d’inachevé, de « et c’est tout ? »  qui nous poursuit longtemps après avoir refermé le roman… Quoi ? Terminé alors que les méchants n’ont pas été vaincus, qu’ils ont à  peine été combattus ? Quoi, juste au moment où on commençait à aimer (un peu) Okonkwo ? Trop Injuste...

                                                                                   

Et c’est surement ce sentiment d’injustice qui aurait animé Chinua Achebe au moment d’crire ce livre. Un roman toujours considéré, 50 ans après sa publication comme l’un des « must read » de la littérature africaine. Le plus vendu aussi  sans doute.

 

Quelques citations du livre:

-         « Les doigts d’un enfant ne sont pas brulés par un morceau d’igname chaude que sa mère lui met dans la main »

-         Le Blanc est très malin. Il est venu tranquillement et paisiblement avec sa religion. Nous nous sommes amusés de sa sottise et nous lui avons permis de rester. Maintenant il a conquis nos frères, et notre clan ne peut plus agir comme un seul homme. Il a placé un couteau sur les choses qui nous tenaient ensemble et nous sommes tombés en morceaux."

 

T G 

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commentaires

Ayse 09/10/2010 00:41


Bonjour,

Je recherche désespérément Le Monde s'effondre" de Chinua Achebe. Il n'est plus disponible dans les réseaux de vente habituels. Avez vous une piste où je peux chercher ?
D'avance merci
Ayse


TG 22/11/2010 00:46



Bonjour, Malheureusement je ne peux pas vous indiquer où le trouver.


Si vous etes en region parisienne je peux eventuellement vous le prêter?


Sinon sur amazone et autres sites? Et peut etre aurez vous plus de chance en cherchant la version originale " The world falls apart"?


Bon courage et merci du post !


TG



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