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Articles avec #la bibliotheque catégorie

2017-09-05T21:19:21+02:00

« LE MEILLEUR RESTE A VENIR  » de Sefi Atta

Publié par afrolitt
« LE MEILLEUR RESTE A VENIR  »  de Sefi Atta

Je pense que je suis douée pour la facilité; et la facilité pour moi ce sont les écrivains nigérians; voyons 170 millions d'ames admettez avec moi que c'est plus facile de trouver des centaines de noms quand on tape « écrivais nigérians » dans google...Non?

Contrairement a Lady Lagos qui est un 1er roman, Sefi Atta semble bien installée dans le fauteuil d'écrivain nigérian contemporain.

Et puis quoi de mieux que la Nollywoodweek à Paris pour parler d'un livre sur le Nigéria lu il y'a 2 ou 3mois déjà?

C'est quoi la Nollywoodweek, c'est quoi Nollywood tout court?

Salim Shaheen, le plus célèbre des réalisateurs afghans (ooouuhhh la culture) oublie de le citer quand il dit « Il y'a Hollywood, il y'a Bollywood et il y'a Nothingwood» en parlant du cinéma afghan (pour nothingwood). Entre les woods il y'a Nollywood, 2ème producteur mondial de films et séries où justement le chef d'œuvre le dispute à la série plus que Z.

Je ne tiens pas un blog sur le cinéma donc je vous dirige... pour Nollywood et ici pour la Nollywoodweek. C'est terminé pour 2017 mais mettez-le dans votre to do list pour 2018 je parie que Ce sera une découverte.

 

Alors « Le meilleur reste à venir » ? Je ne suis pas une super optimiste de nature d'ailleurs j'ai plutôt tendance à penser que le pire reste à venir que le contraire mais je vais suivre Efi Atta sur ce coup-là. Non j'ay crois pas; je vais plutôt tenter de raconter son meilleur pas encore venu c'est plus crédible.

So, dear readers, this is « Everything Good will come » a novel by Efi Atta...

Je l'aurais plutôt intitulé en singeant Stefan Zweig « 4 instants dans la vie d'une femme nigériane » ou « Une histoire du Nigéria en 4 actes », « Instantanés féminins du Nigéria ». Bref vous aurez compris à mes titres ronflants que nous suivrons une femme Enitan à 4moments clés de sa vie qui bizarrement se conjuguent avec l'Histoire (grand « H ») du Nigéria: 1971 -1975- 1985- 1995.

 

Enitan a 11 ans, elle vit dans un quartier riche de Lagos avec son père avocat et sa mère au foyer une enfance solitaire au milieu d'un couple qui ne se parle que pour s'engueuler. Père aux idéaux politiques, mère grenouille de bénitier qui essaie d'oublier sa souffrance e et sa culpabilité suite à mort du pet frère d'Enitan dans son Eglise.

Enitan n'a pas le droit de parler aux enfants du quartier et s'ennuie ferme dans ses barrières le week end où pour passer le temps elle joue des tours à Baba le vieux jardinier. Enfin jusqu'à ce qu'apparaisse Sheri, venue passer les vacances chez son père, et qui hèle Enitan à travers la clôture; Sheri est une demi caste (ce qu'en français policé on appelerait métisse), élevée par sa grand mère et qui ne revient chez son père que pendant les vacances. Elle est effrontée, ne respecte rien, sa famille lui laisse une liberté incroyable et elle en profite, déjà femme sure de son charme dans ses gestes et paroles; Sheri horripile, fascine, fait rire Enitan qui finit par la suivre chez elle pour de longs dimanche de fous rires et de confidences malgré les interdits maternels.

Enitan a 15ans et n'a pas revu Sheri depuis 4 ans. Elle est à l'internat et découvre que le Nigéria est fait d'autres peuples et mœurs que les siennes. Elle rencontre des chrétiennes et des musulmanes, des filles d'agriculteur et des diplomates, la diversité qu'on ne comprend que parce qu'on la cotoie.

Enitan arrive maintenant à dire de « quelle ethnie est quelle fille avant qu’elle ouvre la bouche ». Et Enitan suivant le conseil de son père, a mis à profit sa grande bouche, celle que sa mère lui reproche de trop utiliser, elle s’est inscrite au club d’orateur et fait des concours contre d’autres écoles…que son école gagne. Elle est aussi bonne élève que Sheri est moyenne, aussi respectueuse des règles que Sheri n’en a rien à faire…Leur adolescence est aux antipodes, l’aventure la transgession elle la vit à travers les lettres que Sheri lui envoie régulièrement à l’internat. Jusqu’à ce que pendant les vacances Sheri réussisse à l’entrainer dans un pique nique, en cachette des parents évidement, avec des garçons évidement…dont le crush adolescent d’Enitan...

Le pique-nique a d’abord la douceur et l’intensité de l’interdit avant de se transformer en un drame qu’il faut cacher aux parents….Sans rien dévoiler imaginez l’Afrique des années 70, des parents tout puissants, un sens de la honte et de l’honneur très prononcé, la colère qui gronde entre Sheri et Enitan suite au traumatisme associé. Bref tout est réuni pour que quand la vérité éclate et que la mère d’Enitan l’amène se faire purifier dans son Eglise, toutes relations entre les 2 amies cessent pour toujours…

Enitan a 25 ans et vit en Angleterre depuis 9 ans, envoyé en pension après « cet été-là ». Le traumatisme de l’été il y’ a 10 ans n’a pas disparu et se ressent dans ses relations amoureuses. Entre anecdotes savoureuses quand on est la seule africaine on suit en filigrane l’histoire du Nigéria de coup d’état en coup d’état…Et pourtant diplôme en poche elle retourne au Nigéria, retrouve son père qu’elle adore malgré ses défauts, sa mère qui la fait fuir avec sa rancœur contre son père et sa bigoterie, tombe amoureuse, revoit Sheri et reprend leur amitié comme si elle ne s’était jamais arrêtée…

Et surtout Enitan grandit enfin, comme une femme Nigériane qui a vécu en Angleterre et qui accepte enfin de voir ses parents tels qu’ils sont, son père un peu salaud, sa mère plus humaine qu’elle ne le pensait.

Enitan a 35 ans, elle est mariée, toujours amie avec Sheri qui la connait par cœur. Le Nigéria en est a son Xième coup d’état et cela l’impacte directement. Enitan lutte pour être est mère et prend enfin son destin en main ou en tout cas c’est ainsi qu’elle le présente…

Mon résumé très long fait moins « Chronique  de la vie Nigériane en 4 temps » que je ne l’avais annoncé et pourtant je vous promets que ce roman lie vraiment l’histoire contemporaine à tout ce qui arrive à notre héroïne. J’aurais aussi pu la retranscrire en « histoire d’une amitié Nigeriane à travers les ans ». Enitan et Sheri sont aux antipodes l’une de l’autre. Enitan est Yoruba à la peau noire, Sheri métisse probablement peule. Enitan est d’une famille intellectuelle, Sheri est elevée par sa grand-mère commerçante, Enitan ne sort pas de ses barrières, Sheri court libre les rues de Lagos au point que la mère d’Enitan surnomme ce genre d’enfants « enfant de rue ». Sheri est chrétienne ou du moins d’éducation par sa mère foyer monogamique malheureux, Sheri est musulmane, son père est Hadj polygamme et l’harmonie qui règne entre les coépouses fait que Enitan préfère passer du temps là que chez elle. Pourtant c’est Shéri la réaliste, celle qui prend des décisions raisonnées quoiqu’un peu cynique, c'est Sheri qui a compris comment marche la vie…

Ce récit vaut pour ce portrait croisé que j’interprète aussi comme le récit d’un Nigéria fluctuant, ce portrait de femmes dans lequel je me reconnais comme parent, comme enfant, comme enfant des enfants de l'indépendance…20 ans après Enitan

ET franchement j'ai eu du mal à l'écrire cet article car je ne savais pas quel bout prendre le roman, où il voulait me mener...Je pense que mon texte s'en ressent et je m'en excuse d'avance...

 

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2016-12-30T00:57:11+01:00

"Lagos Lady" de Leye ADENLE

Publié par afrolitt
"Lagos Lady" de Leye ADENLE

Cher tous,

De retour pour un nouvelle présentation Afrolitts-styme...Au détour de la  Bibliothèque de mon patron, je suis tombée sur ce polar nigérian...J'en ai profité pour inscrire "Petit Pays" de Gaêl Faye et relancer sur "Notre Quelque part" de  Nii Ayikwei Parkes déjà demandé il y a un an. Alors où nous emmène Lagos Lady?

D’abord il faut dire qu’ils ne se sont pas foulés pour la traduction hein…Titre original de notre bouquin du jour « Lagos Lady ». Simple non? Mais bon facile à comprendre, parlant et tout à fait adapté au livre au final. Et forcement on se demande qui est cette dame de Lagos? Non? Moi si. En tout cas je peux vous dire que « Lagos Lady » c’est une histoire de femmes, une histoire de femmes dans une ville qui appartient aux hommes… La Ville, ici Lagos est-elle une femme ?No comment....

 

Lagos, de nos jours.

Un journaliste britannique se retrouve on ne sait trop comment dans un bar pas si bien famé de Lagos. Journaliste ? Lui –même n’est pas sur de mériter ce titre ? Britannique ? Entendez de nationalité britannique mais surtout blanc, peut-être blond mais aussi (d’abord et avant tout) bleu. Jamais mis les pieds au Sud de la méditerranée, qui ne connait de l’Afrique ou en tout cas du Nigéria que l’expérience d’avoir eu une petite amie métisse irlando-nigériane qui elle-même n’a jamais vécu au Nigéria.

On a du mal à comprendre dès lors pourquoi il a accepté de se rendre en mission journalistique dans un pays qu’il ne connait ni d’ Eve ni d’Adam avec lequel il n’a aucune attache mais on pressent l’ego du mâle blessé décidé à prouver à son ex que oui il peut s’en sortir hors de son micro confort londonien dont il n’est jamais sorti. Oui il peut aller en Afrique, dans son pays d’origine et en parler mieux qu’elle. Au fond on sent bien qu’elle en a rien a fichtre de ce qu’il fait l’ex. Mais que voulez-vous c’est dur à convaincre un amoureux qui nie l’être encore.

Bref, Guy, c’est son prénom est envoyé, ou plutôt supplie son boss tyrannique pour être envoyé, au Nigéria couvrir les élections présidentielles. Mais rien ne se passe comme prévu. Son contact sur place ne se pointe jamais, le quartier dans lequel il prend un verre se transforme en scène de crime où une prostituée est retrouvée assassinée et seins coupés, la police le prend pour un journaliste de la BBC et l’embarque avec les autres témoins trouvés sur la scène de crime…Vous l’aurez compris cette mission se transforme en merde astronomique et notre courageux journaliste soudain vendrait père et mère pour se retrouver dans son lit à Londres…

Mais c’est sans compter AmakaAmaka, rien que le nom dit la maitresse Femme. The Woman, ma « Lagos Lady »Amaka on ne sait pas vraiment qui c’est, à quel jeu elle joue? Avocate? Prostituée de haut vol? Lady maquerelle? Géniale comédienne ou ange gardien sincère des prostituées de Lagos, celles que j’appelle les «Lagos Ladies » ? Amaka c’est tout ça et c’est pour cela qu’elle fascine tous et chacun…Policiers véreux ne savent pas lui résister, politiciens lubriques la suivent les yeux fermés…journalistes inexpérimentés et un peu lâches sur les bords prennent des risques inconsidérés pour elle.

On suit donc nos protagonistes dans les quartiers les plus mal famés de Lagos, là où la prostitution se même sans cacher au grand banditisme, puis dans les tours d’ivoire de Lagos Island, l’île réservée aux happy few, où le taux de criminalité proche de 0 n’a rien à envier aux meilleures municipalités d’Europe mais où cette apparente sécurité n’empêche pas détournements de fonds, crimes rituels et corruption à haut vol. On passe par les restaurants, soirée chez l’ambassadeur et la moiteur des rues de Lagos, comme si vous y étiez…

Amaka arrivera-t-elle à découvrir qui tue si atrocement ces prostituées ? Guy échappera-t-il au courroux conjugué de la police nigériane et de son boss Londonien ? Survivrons-nous au suspense intense de ce policier mené tambour battant ? Vous le saurez en lisant « Lagos Lady » de Leye Adenle publié chez Métailié.

Ce roman court suit toutes les recettes du bon polar. Et clairement je n’étais pas étonnée de savoir que l’auteur travaille dans le cinéma : Un héros qui se retrouve dans une situation qui le dépasse, une beauté incendiaire engagée dans un sacerdoce dont elle sait mener la barque, de jolies femmes dont certaines sont victimes et d’autres ont décidé de ne plus l’être. Des voyous sanguinaires et des voyous tout aussi cruels mais beaucoup plus subtils. Une police corrompue et dépassée par les evènements, un rythme rapide, le roman se déroule manifestement sur moins de 5 jours. Bref, tout y est et cerise sur le gâteau, ceci se passe à Lagos. Et tout de suite cela nous parle : au lecteur européen, américain ou asiatique c’est l’exotisme de la ville africaine, du pays lointain dangereux mais fascinant. Pour l’afropéenne que je suis, c’est retrouver enfin raconter une mégalopole qui me fascine, en dire les bas-fonds même romancés, et chercher les parallèles et oppositions que je crois voir entre Lagos et Douala…Cela change des drames familiaux que j’ai usage de lire et même si son Roman traite d’un sujet grave et révoltant, Leye Adenle sais nous amener page après page dans son sillage pour ne fermer le roman que quand la dernière est atteinte…je vous le dis tout de suite vivement le tome 2…

Afrolitt

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2016-05-02T15:42:52+02:00

« Le ravissement des innocents » de Taiye SELASI

Publié par afrolitt
« Le ravissement des innocents »  de Taiye SELASI

Quand j'a emprunté mon 1er Chimamanda Ngozi Adichie, je n'en connaissais l'auteur ni d'Eve ni d'Adam. Aussi la découverte fut-elle totale. Pour Taiye Selasi en revanche je savais qu'elle était vue comme un pilier de la littérature africaine post 2010. Vous vous doutez donc que je m'attendais au même ravissement innocent que j'ai ressenti en lisant "L'autre moitié du soleil" by Ngozie Adichie.

Je l'ai emprunté une première fois, je ne l'ai même pas commencé; la deuxième fois je n'ai pas dépassé disons...la page 20. Bref je me suis sentie coupable d'ignorer un potentiel génie, ou plus simplement mon sentiment de culpabilité habituelle quand j'ai un livre sur ma table et que je ne lis pas...

Jamais 2 sans 3 mais l'histoire ne dit pas s'il y a toujours une 4ème fois. En tout cas cette fois je l'ai terminé et vous le livre !!!!!!

Alors « Le ravissement des innocents » ou en VO « Ghana must Go » est un livre à la construction étrange et difficile à suivre, ce qui explique pourquoi peut-être j'ai eu tant de mal à le démarrer. Mais une fois rentrée dans la vie de cette famille ghaneo-nigeriane immigrée aux États-Unis puis éparpillée aux 4 coins du monde, enfin théoriquement sur 3 continents, je ne voulais savoir qu'une chose, le « Pourquoi? »

Kweku vient de mourir, dans sa magnifique maison du Ghana pendant que sa femme dort dans la chambre maritale. Mais qui est Kweku, mais surtout pourquoi a-t-il laissé femme et enfants en Amérique pour venir se faire une autre vie ici?

Il faudra tout le temps que dure sa crise cardiaque pour le comprendre;

Kweku est chirurgien, Ghanéen, immigré aux États-Unis et marié à Folasade, une sublime nigériane que lui envient tous ses camarades. Ils sont jeunes, beaux, intelligents et pauvres comme Job. Mais ils s'aiment et graduellement gravissent les échelons de la société, d'étudiant en médecine boursier vivant dans un 2 pièces minuscule à propriétaires d'une petite villa à Brookline,dans la banlieue chic de Boston. Entre-temps, 4 enfants naitront, sur 14 ans, Olu d'abord, puis les jumeaux Kehinde et Taiwo et enfin Sadie.

La famille vit dans un certain bonheur et Kweku se fait d'autant plus un point d'honneur de procurer l'aisance financière à sa famille que Folasade a refusé une bourse pour une prestigieuse faculté de droit afin que Kweku puisse terminer sa médecine.

Aussi quand Kweku perd son travail de façon totalement injuste et se trouve incapable de gagner le procès qui l'oppose à la hiérarchie de l’hôpital,- en Amérique être noir, brillant et dans son droit n'assure pas de gagner contre les puissants- son monde s'écroule, il a tout perdu, il s'enfuit incapable d'assumer la déception de Folasade, de tomber du piédestal sur lequel le placent ses enfants.

Ce dont il ne se doute pas c'est qu'il ne supportera cette fuite loin des siens que 3 semaines, lui qui pensait partir (entendons peut-être mourir) et ne jamais revenir. Mais il revient, trop tard, Folasade, la belle Folasade qui ne se laisse jamais abattre par l'adversité a vendu la maison pour éponger les dettes, et a déménagé la famille. Jamais plus il ne reverra ses enfants et le destin de ceux-ci, tous leurs drames futurs s'expliquent à l'aune de cette disparition qu'ils n'ont jamais compris.

16 ans plus tard, alors que chacun apprend la mort de ce père qu'ils ont enfoui chacun dans sa mémoire, faisant presque semblant de nier jusqu'à son existence, chacun se rend compte à quel point il était encore présent dans leur cœur, à quel point cela a contribué à briser les liens fraternels et même le rapport à la mère.

Alors la mort de Kweku, sera-t-elle l'occasion de renouer les liens brisés, parler des histoires tues, reformer le temps d'un enterrement sur la terre des ancêtres, la famille qu'ils n'ont plus été. Il faut attendre les derniers chapitres pour comprendre que toutes les lignes tracées par Taiye Selasi visent à ramener ses protagonistes là, le retour vers le père, le retour du père...Et en refermant le roman, on se dit qu'elle l'a drôlement bien fait...

Le livre n'a pas ce qu'on pourrait appeler un rythme effréné, de toute façon on connait la fin, la mort du père chapitre après chapitre, mais je me suis surprise à tourner les pages pour comprendre cet homme s'était enfui et n'avait jamais essayé la réconciliation, pourquoi ses enfants étaient si loin du cliché de la famille africaine, même en occident; liens totalement coupés avec la famille dans les 2 pays, pas d'oncle ou tante éloignés aux États-Unis, ni en Angleterre, ni ailleurs. Bref une famille un peu en vase clos qui tranche résolument avec ce qu'on considère la famille africaine classique sous nos contrées tempérées. Taiye Selasi multiplie les digressions, les sauts pour mieux revenir dans son histoire...Quand on en sort on ne sait pas bien quoi en penser, à part se demander à quel point ceci est autobiographique...

Alors non pas de ravissement innocent en lisant ce récit d'un délitement familial, juste l'impression d'un grand et vain gâchis. Pourquoi? et surtout pourquoi me semble-t-il si réel? si réaliste? Après tout le choix initial de Kweku semble si gros, si radical si incompréhensible, une erreur de parcours qu'on refuse de pardonner et qui gache la vie de dizaines d'autres...

Quelle part de ce récit est portée par l'expérience l'auteur ? quelle importance me direz-vous? Aucune peut-être mais Taiye Selasi est née en Angleterre d'un couple nigero-ghanéen, elle a une sœur jumelle; ses parents se sont séparés et son père est retourné au Ghana alors qu'elle était jeune. Elevée en Angleterre, elle a aussi vécu aux États-Unis et au Nigeria. Ces 3 éléments pèsent tout le long du récit. Je ne sais pas quels autres touches de sa vie l'auteur prête au récit mais la belle Taiwo est surement inspirée d'elle-même, ou de se jumelle, ou de tout autre membre de sa fratrie, si elle en a.

Au final, c'est la 1ère fois que j’écris un commentaire sur un livre surlequel je ne puisse dire « j'ai adoré!!! » ni « je n'ai pas aimé »...Alors je suppose qu'on va dire que j'ai bien aimé. C'est un bon compromis non?

Au fait si vous vous demandez d'où vient le titre très étrange choisi pour la version française, il s'agit d'une réflexion du personnage principal Kweku ( non est-il vraiment le personnage principal), non du personnage central mais non principal Kweku qui se rappelle de sa sœur morte lucide mais heureuse, non pas parce qu'idiote, mais parce qu'elle sait qu'il ne sert à rien de lutter. Sa sœur défunte et adorée est le symbole de ce ravissement;

Et le titre anglais? Pareil tiré d'une phrase du livre; cela correspond à l'époque de troubles post_indépendance au Nigéria où les Ghanéens étaient chassés, leurs biens confisqués au mot d'ordre de « Ghana must go »... ceci est d'autant plis important que Folasade, la Nigériane qui a totalement coupé les ponts avec le Nigéria en le quittant, a vécu quelques années au Ghana, a épousé un ghanéen rencontré pendant son voyage vers les États-Unis, et est revenue vivre au Ghana alors même qu'elle n'a jamais rien fait pour entretenir le lien avec ce Pays. Et oui, Ghana must go but Ghana is tenace...

Ce qui est sur c'est qu'une fois de plus un livre confirme mon envie d'en savoir un peu plus toujours sur le Nigéria et le Ghana, quitte à découvir que ce ne sont que 2 pays comme les autres au final...what do you think ?

Afrolitt

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